Communiqué Les collectifs d’aide aux migrants des Hautes-Alpes et de Barcelonnette sont profondément préoccupés par l’expulsion prochaine deAymen Mustafa et Hussain Maroof, deux jeunes soudanais accueillis au CAO d’Embrun depuis 5 mois et souhaitant demander l’asile en France. Ces deux jeunes ont suivi des cours de français quotidiens, se sont présentés à tous les rendez-vous administratifs, se sont intégrés et ont tissé des liens d’amitié dans l’Embrunais. Ils vont être transférés vers la Norvège, pays dans lequel leur identité a été contrôlée pour la première fois dans l'espace où s’applique le règlement « Dublin III » (Union Européenne plus 4 pays associés). La préfecture leur a remis leur convocation à l’aéroport pour le 23 mai. La Norvège applique des conditions de demande d'asile très strictes et les renvois dans le dernier pays traversé avant la Norvège (ici la Russie) ou dans le pays d'origine sont fréquents, avec les mises en danger que cela suppose. Au Soudan les risques de représailles, d’incarcération, de violences graves et d’exécution sont avérés en cas de retour des exilés. Dans les semaines à venir, d’autres personnes exilées actuellement accueillies dans les Hautes-Alpes courent ce même risque de renvoi vers différents pays dont l’Italie, déjà à saturation à cause des traversées de la Méditerranée. 21 jeunes demandeurs d’asile accueillis au CAO d’Embrun ont entamé une grève de la faim pour protester contre ces décisions et demander la levée de la procédure. En effet, le règlement Dublin III n'est pas obligatoire :certaines préfectures en France ont décidé de ne pas l’appliquer et de permettre aux demandeurs d’asile de déposer leur demande en France. L’Allemagne vient également de suspendre le renvoi vers la Hongrie des réfugiés passés sur son territoire. Nous appelons à une grande manifestation citoyenne à Gap, devant la préfecture, samedi 13 mai de 14h à 17h. Le respect des droits humains fondamentaux implique le droit pour toutes les personnes contraintes à l’exil d’effectuer leur demande d’asile dans le pays de leur choix. En l’occurrence, ce choix est la France. Nous en sommes fiers ! Soyons-en dignes !
Pour d'autres informations sur l'attitude de la Norvège et la situation du Soudan, voir:
Voir la vidéo de "la soirée du Migrant et du
Réfugié", le 30 mars 2017 à Embrun.
Merci à
Joël Descoings pour tout son boulot . Pour voir la vidéo en
ligne sur YouTube (si vous n' y arrivez pas de notre page): c 'est ici! clic!
Tous nos
remerciements aussi à celles et ceux qui ont aidé à sa
réalisation, sans oublier la douzaine
d'organisations/associations/collectifs/mouvements qui
nous ont soutenu.
De nouvelles du 04 :
Depuis novembre 2016 des réfugiés demandeurs d'Asile résident à Barcelonnette. En raison de règlements incompréhensibles (directives « Dublin »), six
d'entre eux sont expulsables vers l'Italie, et leurs demandes d'Asile ne
seront pas instruites en France.
L'asocation du 04 SOLIDARITAT UBAYE demande au Préfet du département des Alpes de Haute Provence, qui
en a la possibilité, et aux autorités de l’État de revenir sur cette
décision absurde, cruelle et inhumaine.
Un film qui retrace le parcours de vie de jeunes exilés débarquant à Marseille avec Hervé Gouyer et France Terre d’Asile05
Icare vous conseille également cette lecture :
un article du Monde sur des informations inquiétantes pour les traversées et les secours en Méditerranée. On y parle de la mise en place de l'accord avec la Lybie !!!
Incendie à Grande-Synthe : l’impasse de la Manche s’est encore assombrie
Un incendie s’est propagé dans le camp de la Linière dans la nuit du 10
au 11 avril, réduisant en cendres une initiative de mise à l’abri dans
des conditions dignes de personnes exilées « en transit » vers la
Grande-Bretagne. Ce drame souligne l’urgence de
créer plusieurs lieux d’accueil humanitaire dans une région où de
nombreuses personnes continuent à arriver dans l’espoir de traverser la
Manche.
En effet, le démantèlement du bidonville de Calais n’a pas mis fin à l’attraction du Royaume-Uni. L’État français doit sortir du
statu quo et assumer son devoir de protection humanitaire de femmes, d’hommes et de mineurs isolés se trouvant en danger actuellement.
« L’impasse de la Manche s’est encore assombrie, mettant en danger
encore plus de personnes en demande de protection : l’État ne peut pas
persister dans ce déni de réalité », affirme Geneviève Jacques, présidente de La Cimade.
Le 28 février dernier, La Cimade interpellait avec ses partenaires –
Amnesty International France, Médecins du Monde, le Secours Catholique,
Emmaüs France, Médecins Sans Frontières, le Mouvement français pour le
Planning familial et la Fondation Abbé Pierre
– les ministres français de l’intérieur et du logement, sur « la
nécessité de créer plusieurs lieux d’accueil humanitaire dans le
Calaisis et le Dunkerquois pour permettre aux personnes migrantes de
sortir de l’errance et des graves dangers auxquels elles
sont exposées » face aux « conditions de vie et de sécurité devenues critiques à l’intérieur du camp » et à
« l’apparent silence des autorités administratives et judiciaires ». La demande de réunion de crise est restée sans réponse.
La Cimade, qui assure une permanence d’accès aux droits installée dans
la ville de Grande-Synthe depuis un an, réitère plus que jamais la
nécessité de créer des lieux d’accueil humanitaire sur le littoral.
De plus, les personnes exilées qui souhaitent, après information,
demander l’asile en France, doivent pouvoir le faire depuis un lieu aux
conditions d’accueil dignes, avec un réel accompagnement social, sans
risquer d’être renvoyées dans un autre pays européen
en application du règlement « Dublin ».
Enfin, pour les personnes qui souhaitent rejoindre le Royaume-Uni, les
démarches doivent être soutenues par l’État français. L’hypocrisie
diplomatique qui se joue à Calais comme à Grande-Synthe doit cesser,
elle conduit la France à contrôler la frontière d’un
pays tiers et les personnes migrantes à se mettre en danger.